Bien Etre

Elle a vécu jusqu’à 117 ans : les chercheurs ont découvert l’un des secrets de sa longévité

0

Et si une partie de la recette d’une vie de 117 ans se nichait dans l’intestin?

C’est l’hypothèse, prudente mais fascinante, qui se dessine autour de Maria Branyas Morera, officiellement la personne la plus âgée du monde au moment de son décès, après l’analyse détaillée de son génome, de son microbiote et de son mode de vie.

Cette étude publiée dans la revue scientifique Cell Reports Medicine montre que plusieurs marqueurs biologiques de Maria Branyas Morera semblaient nettement plus jeunes que son âge civil. Parmi eux, le microbiote de la personne la plus âgée du monde, étonnamment proche de celui d’un enfant, intrigue particulièrement les chercheurs.

Maria Branyas Morera, 117 ans, et son microbiote hors norme

Née en mars 1907 à San Francisco, Maria Branyas Morera a vécu l’essentiel de sa vie en Catalogne, où elle est décédée en août 2024, à 117 ans. Elle a ainsi dépassé d’un peu plus de 30 ans l’espérance de vie moyenne dans cette région. Interrogée sur son secret, Maria Branyas Morera répondait simplement qu’elle devait sa longévité à “la chance et de bons gènes” et au fait “d’éviter les personnes toxiques”, expliquait Maria Branyas Morera, citée par le média The Independent.

Au-delà de cette formule, le quotidien de Maria Branyas Morera restait étonnamment simple : pas de tabac, très peu ou pas d’alcool, des marches quotidiennes, une alimentation riche en fruits et légumes de type méditerranéen, et trois yaourts par jour. Autrement dit, beaucoup de fibres, beaucoup d’aliments fermentés, autant d’éléments qui sont connus pour nourrir un microbiote intestinal varié et plutôt protecteur.

Ce que l’étude révèle sur l’âge biologique et les défenses de son corps

Pour tenter de comprendre cette longévité extrême, les chercheurs ont analysé le génome, les protéines, les métabolites, le système immunitaire et le microbiote de Maria Branyas Morera, en les comparant à ceux de personnes âgées “classiques”. L’étude insiste sur la méthylation de l’ADN, un marqueur épigénétique qui permet d’estimer l’”âge biologique” des tissus. “La méthylation de l’ADN est probablement la marque épigénétique la plus étudiée en biologie cellulaire et dans les maladies, et elle se dérègle aussi avec l’âge”, précise l’étude.

Sur ces horloges biologiques, Maria Branyas Morera sortait clairement du lot : pour plusieurs tissus, son âge biologique apparaissait jusqu’à environ 17 ans plus jeune que son âge réel. L’étude la décrit comme “un cas à part”, avec “un âge biologique bien plus jeune que son âge chronologique réel” dans trois tissus analysés. Les chercheurs ont aussi identifié chez Maria Branyas Morera des variantes génétiques associées à une meilleure protection contre certains cancers, les maladies cardiovasculaires et des troubles du métabolisme lipidique. Le profil sanguin montrait notamment de très faibles niveaux de cholestérol VLDL et de triglycérides.

Un microbiote anti-inflammatoire comme clé possible de sa longévité ?

Côté intestin, les résultats surprennent tout autant. Les chercheurs décrivent chez Maria Branyas Morera un microbiote “anti-inflammatoire”, avec une forte présence de Bifidobacterium, ces bactéries souvent associées à une meilleure tolérance alimentaire et à une barrière intestinale plus robuste. “Son intestin était riche en Bifidobacterium, un type de bactéries connu pour ses propriétés anti-inflammatoires.” L’équipe rappelle que “Les micro-organismes jouent un rôle déterminant non seulement dans la composition des métabolites de notre corps, mais aussi dans l’inflammation, la perméabilité intestinale, les fonctions cognitives et la santé des os et des muscles”, expliquent les chercheurs.

Chez la plupart des très grands âgés, on observe plutôt une baisse de diversité du microbiote et une montée de bactéries liées à une inflammation chronique de bas grade. Le profil de Maria Branyas Morera va dans le sens inverse, ce qui alimente l’idée qu’un intestin très peu inflammé pourrait jouer un rôle central dans la longévité.

Le comportement de son organisme semble logique… enfin, logique en apparence, car certains marqueurs restaient ceux d’un très grand âge. Les auteurs restent prudents : “Le lien exact entre la communauté de microbes qui vit en nous et la longévité reste encore mal compris.” Ils concluent toutefois que “L’image qui se dégage de notre étude montre qu’un âge extrêmement avancé et une mauvaise santé ne sont pas intrinsèquement liés”.

En filigrane, cette étude suggère qu’un faisceau de facteurs converge vers la même direction : un corps peu inflammé. La génétique de Maria Branyas Morera paraît protectrice, mais son mode de vie et son alimentation favorisent aussi un microbiote jeune et peu agressif pour l’organisme. Certains leviers étudiés chez elle sont d’ailleurs aujourd’hui au cœur des conseils de santé publique, sans promettre les 117 ans pour autant :

  • Une alimentation riche en végétaux et en fibres, proche du régime méditerranéen, pour nourrir les bonnes bactéries intestinales.
  • La consommation régulière de produits fermentés comme les yaourts, sources de micro-organismes bénéfiques.
  • Une activité physique douce mais quotidienne, associée à une limitation du tabac, de l’alcool et du stress relationnel chronique.

Les scientifiques rappellent enfin que le cas de Maria Branyas Morera reste unique, et que l’on ne peut pas déduire d’une seule personne la formule de la longévité. Leur ambition est désormais de suivre d’autres supercentenaires pour voir si l’on retrouve ce même trio gagnant chez les plus de 110 ans : gènes protecteurs, microbiote de la personne la plus âgée du monde ou presque, et inflammation durablement contenue.

 

 

ChMaille

Les traumatismes familiaux peuvent-ils laisser une trace sur plusieurs générations ? Ce que les chercheurs savent réellement

Previous article

Claire, 27 ans : “Avant de coucher avec quelqu’un, je me pose cette question et elle m’évite des déceptions”

Next article

You may also like

Comments

Comments are closed.

More in Bien Etre