Bien Etre

À 39 ans, elle quitte un travail dont elle rêvait depuis toujours : “Je pensais que j’allais être heureuse, mais je ressentais un immense vide”

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“J’en ai toujours rêvé et pourtant, le quitter a été ma meilleure décision.”

Ces mots sont ceux de Sophie, âgée de 39 ans, qui a décidé de se décharger d’un poids : celui de son métier, pour lequel elle a fait de longues études, s’est démenée, a gravi les échelons dans son entreprise de rêve, avant d’y mettre un terme pour sa santé mentale.

Tout comme Sophie, vous avez peut-être eu parfois l’impression de ne pas ressentir le bonheur tant attendu après la réalisation d’un projet ou d’un objectif très attendu. On vous rassure : ce phénomène est bien plus courant que vous ne pouvez le penser.

Spoiler : atteindre ses objectifs ne garantit pas forcément le bonheur. Et même si certains philosophes ou experts en bonheur peuvent nous le certifier dans leurs ouvrages de développement personnel, la science l’a aussi confirmé.

Atteindre un objectif ne garantit pas forcément le bonheur

Selon une étude publiée en 2005, des chercheurs se sont penchés sur le lien existant entre la progression d’un objectif et le niveau d’épanouissement. Pour cette étude, qui s’est déroulée durant près de trois ans, 82 jeunes ont été suivis. Et les résultats sont intéressants : les progrès déclarés dans la poursuite d’objectifs personnels étaient associés au bien-être affectif, à la satisfaction au travail et à la réussite subjective du développement professionnel. Cependant, ces progrès n’ont pas permis de prédire une augmentation du bien-être affectif ni de la satisfaction au travail : “Seuls les adultes qui percevaient leurs objectifs comme difficiles à atteindre ont également rapporté une évolution de leur affect positif et négatif, de leur satisfaction au travail et de leur réussite subjective du développement professionnel sur une période de trois ans.”

Autrement dit, plus l’objectif était challengeant et difficile à atteindre, plus la satisfaction était importante. Néanmoins, le constat est clair : notre épanouissement personnel ne peut pas uniquement dépendre de notre capacité à atteindre ou non un objectif.

Ce sentiment de vide peut cacher un manque de sens

Comme Sophie, vous avez peut-être l’impression de vous sentir vide même après la réalisation d’un projet que vous attendiez depuis longtemps. Cela peut s’expliquer par le phénomène du syndrome de la vie vide. Concrètement, cela se traduit par un manque de sens dans son quotidien, élément pourtant indispensable à l’épanouissement personnel. Boris Charpentier, psychologue, nous expliquait ce concept : “On peut le résumer par un sentiment de mal-être profond qu’une personne peut ressentir en dépit des conditions extérieures dans lesquelles elle se trouve, et qui, d’un point de vue extérieur, peuvent sembler parfaites”, affirmait-il.

Pour l’expert, ce n’est pas tant lié à un manque d’objectif ou de défi, mais plutôt à un désalignement entre les valeurs personnelles et la vie quotidienne : “Des exigences trop élevées par rapport à la vie, d’une manière générale, peuvent provoquer ce sentiment de vide, peu importe ce qu’on fait ou la vie qu’on a. Plus le décalage est grand entre nos exigences/nos idéaux et la réalité de la vie, plus la souffrance est importante.” Pour faire simple, atteindre un objectif que l’on pensait pourtant déterminant à notre bonheur n’est pas forcément synonyme d’épanouissement. Et cette réalité peut parfois dérouter. Si le bonheur n’est plus au rendez-vous, il est peut-être temps de se demander si la vie que l’on mène correspond réellement à ses attentes profondes…

 

 

ChMaille

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