Il y a de ces personnes que la vie ne semble jamais épargner, elles ne se mettent jamais en arrêt maladie malgré les difficultés, les épreuves ou les maladies.
Alors que d’un œil extérieur, ce comportement peut sembler être une force mentale ou un signe de robustesse, en réalité, comme tout humain sur cette planète, ces individus ressentent aussi le besoin de faire une pause.
Mais pourquoi ces dernières n’y parviennent-elles pas ? Comment expliquer le fait que poser un simple arrêt maladie leur devienne presque insupportable ?
Le présentéisme, un phénomène loin d’être rare selon la science
Selon la science, ce type de comportement se traduit par une forme de perfectionnisme excessif ainsi qu’une grande intelligence émotionnelle. Pour rappel, cette forme d’intelligence se traduit par une faculté à se mettre à la place des autres, à identifier leurs émotions mais aussi à connaître les siennes par cœur. Ainsi, grâce à ces clés essentielles, il est plus facile de renforcer ses relations sociales, d’être à l’écoute et de construire des relations saines et durables. Pour autant, certains traits de l’intelligence émotionnelle se démarquent, comme notamment l’empathie et la bienveillance. Exacerbés, ils vont ainsi rendre certaines situations difficiles, notamment le fait de se mettre en arrêt maladie. Plutôt que de penser d’abord à leur propre bien-être, ces personnes vont culpabiliser ou avoir de l’empathie pour ce qu’elles laisseront en leur absence (charge de travail, rendez-vous reportés…).
Plusieurs travaux scientifiques font écho à ces explications. Selon une étude publiée en 2010 et consultable sur le site PubMed, l’estime de soi serait fondée sur la performance et s’avérerait être un facteur prédictif du présentéisme pour cause de maladie. En clair : certaines personnes tirent une grande partie de leur valeur personnelle de leur capacité à être performantes, ce qui renforce la difficulté à se mettre en arrêt maladie.
Et si s’arrêter était finalement une preuve de force ?
Ce présentéisme coûte que coûte s’explique par l’idée que l’on se fait de l’absentéisme. Mal perçu, il entraîne ainsi ce type de comportement. Une étude publiée en 2008 dans la revue Social Science & Medicine rappelait que plus de 70 % de la population active se rendait au travail pour cause de maladie au moins une fois au cours d’une période de 12 mois. Il s’agit donc d’un phénomène aussi fréquent que l’absentéisme. Les facteurs mis en cause étaient multiples : “La pression temporelle (occuper un poste à haute responsabilité) et les relations avec les collègues (mesurées par le fait de travailler dans une petite entreprise, d’avoir des horaires atypiques et le degré de coopération) augmentent toutes deux la probabilité de PCM “présentéisme pour cause de maladie (PCM)””, précise l’étude.
Finalement, avoir besoin de s’arrêter n’est pas synonyme de manque de courage ou de sérieux, bien au contraire. Il est plus que nécessaire de savoir écouter les signaux que le corps envoie afin d’éviter de devoir faire face à un surmenage, un burn-out ou, au pire encore, une dépression. À force de vouloir rester exemplaire, performant et de ne pas décevoir son entourage, on peut vite en oublier son propre bien-être. Prendre un arrêt maladie lorsque cela est nécessaire n’est pas signe de faiblesse, mais plutôt d’intelligence : il est indispensable de récupérer pour mieux avancer.

















Comments