Cette scène, beaucoup de parents la connaissent. L’enfant hurle, tape du pied, refuse de s’habiller.
Le parent, à bout, répète la même consigne en haussant le ton et la voix. Si demander à un enfant de se calmer en lui criant soi-même : “calme-toi !“ semble contre-productif, pourquoi sommes-nous si nombreux à agir ainsi ?
Devenu coach parental sous le nom de “Sam dit Bien“, il raconte sur les réseaux sociaux comment il a compris que son propre état comptait plus que ses consignes.
“Je demandais des choses à mon fils que je n’étais pas capable de faire moi-même”
Ce paradoxe, Sam le vivait régulièrement. Comme beaucoup de parents, il a vite compris que le rôle de père était très éloigné des idées qu’il s’en faisait et représentait de nombreux défis. Avant d’être suivi par des centaines de milliers de parents sur Instagram, Sam a été un père démuni. Son fils a reçu plusieurs diagnostics évoquant un TDAH ou une hyperactivité. Plutôt que de s’en tenir aux solutions rapides qu’on lui proposait, il a cherché à comprendre ce qui se jouait à la maison. devenu coach parental et auteur de plusieurs livre, sam confie :
J’ai compris que mon état interne impacte énormément le comportement de mon enfant.
Dans son dernier livre, “Enfant difficile… ou parents épuisés ?”, paru aux éditions Solar, il confie comment il a changé de regard sur sa famille et propose des conseils concrets pour aider les parents à être plus heureux avec leurs enfants.
Le déclic : l’enfant est une éponge émotionnelle
Interrogé par Les Maternelles, Sam_Dit_Bien explique : “Quand tu es fatigué tu m’ élèves pas un enfant, tu élèves la voix”. Comment sortir de ce cercle vicieux qui nous pousse à crier, parfois chaque jour, alors que cela ne résout rien ? Les enfants ne comprennent pas toujours ce que leurs parents traversent, mais ils peuvent percevoir et réagir à leur état émotionnel. L’intuition de Sam rejoint ce que décrivent les spécialistes du développement de l’enfant. Un jeune enfant ne sait pas encore réguler seul ses émotions : il apprend en s’appuyant sur le système nerveux d’un adulte. On parle de co-régulation. Si l’adulte s’emballe, l’enfant s’emballe avec lui.
Une étude publiée en 2019 dans la revue Scandinavian Journal of Caring Sciences s’est intéressée à la manière dont les émotions des parents peuvent se transmettre à leurs enfants et confirme que ceux-ci peuvent capter la tristesse ou le stress d’un parent à travers les expressions émotionnelles parentales, comme les expressions du visage, le ton de la voix ou la posture. Ainsi, quand le parent est à cran, les crises de l’enfant ont tendance à s’intensifier en miroir.
Un parent, un capitaine d’équipe
Partant de ce constat, Sam a fini par percevoir une manière de sortir des tensions et de s’épanouir en famille. Pour lui, une famille ne devrait pas être un tribunal : “Ce n’est pas un terrain où les parents et les enfants jouent dans des équipes adverses”, explique Sam dans son livre. Pour lui, on peut voir la famille comme une équipe, dont le parent serait le capitaine. Si l’on ne se cantonne plus à la posture d’autorité, il est plus facile de comprendre ce dont l’enfant a besoin. Face à un enfant en crise, en colère, ne pas se mettre soi-même en colère permet alors d’identifier le signe d’un besoin non comblé chez son enfant.
La posture de capitaine, c’est avant tout une façon “d’aider l’équipe à avancer”, écrit Sam. C’est l’occasion de lâcher prise sur l’image du parent parfait et de prendre soin de soi-même car un adulte reposé supporte bien mieux une colère qu’un adulte submergé. Sa méthode repose sur la théorie des petits pas. Il recommande d’être dans l’action, de tester des solutions en permanence, tout en acceptant que tout ne fonctionne pas parfaitement. Pour cela, il est essentiel de s’autoriser à avoir l’humilité d’avouer, parfois, que l’on n’y arrive pas systématiquement. Pas à pas, en équipe, on peut parvenir à des relations familiales plus détendues et apaisées.
Sources :
- “Enfants difficiles ou parents épuisés ?”, aux éditions Solar
- Compte Instagram de Sam_Dit_Bien
- Intervention dans l’émission Les Maternelles

















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