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Est-il vrai que les enfants sont comme des éponges ?

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Les enfants sont comme des “éponges”. Combien de fois avons-nous entendu cette expression ? Cette idée est tellement ancrée dans notre inconscient social collectif que nous la remettons rarement en question. Avec cette affirmation, nous supposons, par exemple, qu’il est fondamental de transmettre dès le plus jeune âge le maximum d’informations possible dans le cerveau d’un enfant.

Mais qu’est-ce qui est vrai dans cette idée ? Est-il vrai que le potentiel cérébral des petits entre 0 et 5 ans est aussi incroyable qu’on le prétend ? Les professionnels de l’éducation savent que cette affirmation est nuancée dans la réalité. En effet, une chose est certaine pour tout le monde: une éponge ne peut pas absorber plus d’eau que sa propre capacité.

L’esprit d’un enfant n’est pas un caisson vide. Il ne s’agit pas d’une armoire que l’on peut remplir à volonté d’une infinité d’objets, de livres et de matériaux. Le cerveau humain ne se contente pas d’ingurgiter les informations qu’il reçoit de son environnement. Il les traite, les examine, il les interprète et doit leur attribuer un sens. En outre, l’apprentissage est un processus actif qui est directement lié aux émotions.

Nos enfants ont besoin de bonnes bases pour consolider leur apprentissage. Il ne suffit pas de les remplir, il faut créer un socle solide basé sur l’amour et la sécurité. Nous devons également encourager la curiosité, le jeu, l’enthousiasme et la joie d’interagir avec l’environnement. C’est sans aucun doute le véritable secret.

“Pour prendre soin du cerveau, le plus important est l’affect”.

-Alvaro Bilbao-

Les enfants sont comme des “éponges”, une idée à revoir

En tant que parents, s’il y a une chose que nous voulons pour nos enfants, c’est qu’ils soient heureux. Néanmoins, la tendance des dernières années désire également autre chose : que les enfants soient bien préparés aux exigences futures. Cela conduit parfois les parents à exiger de leurs enfants certaines compétences le plus tôt possible: lecture, écriture, mathématiques, deux langues étrangères..

Presque sans nous en rendre compte, dans cet empressement à éduquer des enfants potentiellement brillants, nous éduquons des enfants hyper-stimulés et plus anxieux que leurs parents. Nous sommes parfois tellement convaincus que les enfants sont comme des éponges que nous accélérons les étapes de leur développement sans savoir que leur cerveau suit aussi son rythme et ses besoins.

Un cerveau avec beaucoup de potentiel mais sensible à une stimulation excessive

Il est certain que le cerveau d’un enfant présente un immense potentiel lorsqu’il arrive au monde. Après la naissance, et jusqu’à 7 mois, des milliers de neurones vont se déplacer depuis l’intérieur du cerveau vers son lobe frontal. Plus tard, et jusqu’à l’âge de trois ans, cet organe atteindra son seuil maximum de plasticité.

  • Des études, comme celle menée par le docteur Arthur Toga de l’Université du Texas et publiée dans Cellnous permettent même de voir la cartographie complète du cerveau d’un enfant pendant le processus de maturation.
  • A travers des résonnances magnétiques, on a découvert que, jusqu’à l’âge de 10 ans, le cerveau d’un enfant consomme deux fois plus de glucose que celui d’un adulte. La raison en est le coût énergétique engendré par la connexion neuronale élevée qui a lieu au cours de la première décennie de vie.
  • Cependant, il y a une chose que nous devons comprendre. Tel que nous l’explique le docteur Arnold Scheibel, directeur de l’Institut de Recherche sur le Cerveau de l’UCLA, l’apprentissage d’un enfant devrait être une “fête”, quelque chose de festif, et jamais une expérience stressante. Ainsi, lorsque le niveau de stimulation est excessif, le cerveau libère du cortisol, l’hormone du stress. Cela est totalement contre-productif pour le développement infantile.
Le cerveau d'un enfant illuminé.

Les enfants ne sont pas seulement des éponges : il faut respecter le temps, encourager les émotions et permettre le jeu

Dans notre société basée sur l’immédiateté et la compétitivité, de nombreux parents souhaitent que leurs enfants acquièrent certaines compétences le plus rapidement possible. Cependant, beaucoup d’enfants se retrouvent ainsi avec des emplois du temps plus chargés que ceux des adultes.

Le jeu s’est alors déformé. Il semble que les jeux qui n’enseignent rien n’ont aucun sens. Alors que le but principal du jeu dans l’enfance est l’amusement et le plaisir. Cette politique se reflète dans bon nombre de ces enfants que nous qualifions d’hyperactifs. Nous ne parvenons pas toujours à faire de notre enfant le plus brillant, et encore moins le plus heureux.

Il est vrai que le cerveau de nos petits possède un grand potentiel. Mais, comme tous les organes en phase de maturation, il suit un rythme. Il est impossible d’apprendre à lire et à écrire aux enfants s’ils n’ont pas d’abord mûri les structures visuelles qui leur permettent de se concentrer, de différencier et d’interpréter des symboles. Ni quand ils n’ont pas travailler la coordination main-oeil.

Avancer les étapes est inutile s’il n’y pas de fondation

En Finlande, les compétences en lecture et en écriture ne sont pas prioritaires entre 0 et 6 ans. Dans les centres éducatifs, on travaille d’autres aptitudes. Celles qui aideront un enfant à construire de bonnes bases cérébrales pour l’apprentissage qui viendra ensuite. Mais quelles sont ces autres aptitudes ?

  • Le jeu.
  • Le mouvement, la motricité globale et fine.
  • L’interaction sociale.
  • Le développement et l’affinement des sens.
  • L’intelligence émotionnelle.
Le regard d'un enfant.

Pour conclure, même s’il est vrai que la première décennie de la vie d’un enfant est essentielle pour favoriser son développement, il ne faut jamais tomber dans l’hyperstimulation. En effet, nous ne pouvons négliger l’importance du jeu symbolique, de la stimulation de leur esprit créatif, de la promotion d’une intelligence émotionnelle. Encourager le mouvement, l’interaction avec l’environnement, la curiosité, le plaisir de découvrir…

Par conséquent, nous devons reformuler l’idée que les enfants sont des ‘éponges’. Nos petits sont des personnes qui méritent des possibilités d’apprentissages maximales, ainsi que notre amour et le plaisir de profiter d’une belle enfance. Sans pressions, sans idéalismes.

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ChMaille

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