Il y a de ces mots qui blessent et qui se traduisent en maux.
Bien entendu, chaque parent fait de son mieux pour offrir le meilleur à son enfant. Néanmoins, certaines remarques, paroles ou comportements peuvent laisser des traces durant l’enfance qui peuvent perdurer une fois à l’âge adulte.
À l’ombre de certains souvenirs se cachent parfois des périodes plus sombres et surtout des douleurs enfouies au fond de soi. Sans qu’on ne s’en rende compte, certaines actions, paroles entendues durant notre plus jeune âge peuvent toujours réveiller en nous, près de 30 ans plus tard, des blessures du passé.
Alors que certaines retentissent soudainement comme un choc face à un événement récent, des retrouvailles ou bien une conversation avec des proches de sa famille, pour d’autres, ces blessures perdurent depuis l’enfance et restent ancrées dans notre système.
Comment expliquer que ces remarques de l’enfance nous blessent encore des années plus tard ? Est-ce réellement la faute des parents ?
L’impact des mots de l’enfance sur notre voix intérieure
Selon une étude publiée en 2006 dans le Journal of Affective Disorders, les recherches ont porté sur le lien entre les violences verbales parentales rapportées durant l’enfance et les troubles dépressifs une fois à l’âge adulte. Surprise : la notion d’autocritique, qui se traduit par le fait de manquer d’auto-compassion pour soi-même et de ne jamais être satisfait de ce que l’on entreprend au quotidien, est corrélée aux blessures d’enfance, notamment à la violence verbale subie à cet âge-là.
Autrement dit, les paroles blessantes et les remarques négatives peuvent finalement, sur la durée, s’inscrire dans les pensées et être intégrées comme un discours intérieur très critique et courant une fois à l’âge adulte. Les chercheurs concluent : “Les résultats de cette étude suggèrent que les expériences de maltraitance durant l’enfance, et en particulier la maltraitance verbale, peuvent constituer un facteur de risque de troubles internalisés, notamment parce que la maltraitance verbale influence le développement d’un style autocritique.”
Quand les souvenirs douloureux refont surface des années plus tard
D’autres recherches mettent en avant le lien entre la mémoire et la maltraitance. Si ces mots restent ancrés dans notre esprit plusieurs années après les faits, c’est notamment en lien avec l’exposition à un traumatisme infantile. C’est en tout cas ce qu’affirme une étude menée sur la maltraitance infantile et la mémoire, publiée en 2010 et consultable dans la Revue annuelle de psychologie. Les résultats sont édifiants : “Dans cette revue, deux hypothèses principales sont avancées : (a) la maltraitance durant l’enfance est associée à une mémoire particulièrement robuste des événements émotionnellement pénibles chez de nombreux individus ; (b) la maltraitance peut altérer la mémoire de ces événements chez les individus qui, par mécanisme de défense, les évitent.” Certains événements et traumatismes vécus restent ainsi profondément ancrés dans notre mémoire et peuvent affecter un individu sur le long terme.
Finalement, une remarque blessante n’est pas seulement difficile à entendre à l’instant T pour ce qu’elle fait résonner en nous, mais peut contribuer à la formation de croyances qui affectent l’estime de soi, la confiance en soi et la santé mentale plus globalement.

















Comments