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Vous avez grandi avec beaucoup de règles ? Ce que cette enfance peut laisser dans votre besoin de tout contrôler aujourd’hui

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Grandir avec des règles présente des bénéfices.

Un cadre stable peut aider l’enfant à se repérer et à se sentir en sécurité. La difficulté apparaît lorsque les règles sont accompagnées d’une forte pression, de critiques répétées ou de culpabilisation.

Si l’enfant comprend qu’il doit constamment éviter l’erreur pour ne pas décevoir, il peut finir par associer la sécurité au fait de tout contrôler.

Une enfance sous pression

Une étude longitudinale publiée dans le Journal of Family Psychology permet de mieux comprendre ce phénomène. Bart Soenens et ses collègues ont suivi des adolescents à trois moments différents afin d’examiner les liens entre le contrôle psychologique parental, le perfectionnisme et le mal-être psychologique. Les chercheurs ne se sont donc pas contentés de demander aux participants comment ils allaient à un instant donné : ils ont observé l’évolution de ces facteurs dans le temps.

Le contrôle psychologique ne désigne pas simplement le fait de fixer des limites. Il renvoie à des pratiques comme :

  • la culpabilisation,
  • la pression affective,
  • l’intrusion dans la vie intérieure de l’enfant
  • l’impression que l’amour parental dépend de sa réussite.

Dans l’étude, le contrôle psychologique mesuré à l’âge de 15 ans prédisait une augmentation du perfectionnisme maladaptatif l’année suivante. Ce perfectionnisme était ensuite associé à davantage de symptômes dépressifs.

Le perfectionnisme maladaptatif implique surtout la peur de se tromper, le sentiment de ne jamais en faire assez et une tendance à se juger durement. L’enfant peut alors apprendre à fonctionner selon une règle implicite : « Si je ne fais pas tout correctement, quelque chose de mauvais risque de se produire. » Avec le temps, cette règle peut devenir intérieure, même lorsque les parents ne sont plus là pour imposer leurs exigences.

Quand anticiper semble plus sûr

À l’âge adulte, cette exigence peut prendre des formes très ordinaires. Il peut s’agir de vouloir planifier chaque détail, de refaire le travail des autres, de relire plusieurs fois un message avant de l’envoyer ou de ressentir une forte anxiété lorsqu’un projet échappe au programme prévu. Le contrôle procure alors un soulagement : en anticipant tout, on pense pouvoir éviter la faute, la critique ou la déception.

Ce fonctionnement ne signifie pas forcément que l’on cherche à diriger les autres. Il peut plutôt traduire une tentative de se protéger. Quand l’imprévu a longtemps été associé à la réprimande ou à l’échec, le cerveau peut considérer la maîtrise comme une condition de sécurité. Le problème est que cette stratégie demande une vigilance constante. Plus on cherche à éliminer toute incertitude, plus celle-ci devient difficile à supporter.

L’étude de Soenens et de ses collègues ne permet pas d’affirmer que toute personne ayant grandi avec beaucoup de règles deviendra contrôlante. Elle ne mesure pas directement le besoin de contrôle chez les adultes et ne démontre pas une causalité automatique. Elle montre néanmoins que certaines formes de contrôle parental peuvent favoriser un perfectionnisme qui rend l’erreur, l’imperfection et l’incertitude plus difficiles à accepter.

 

 

ChMaille

Sophie, 47 ans : “Le jour où mes enfants sont partis, j’ai réalisé que je ne savais plus ce que j’aimais, moi”

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