Bien Etre

Les personnes qui ressentent un soulagement immédiat après avoir annulé un rendez-vous ne sont pas forcément antisociales

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La notification tombe : “Désolé, je dois annuler pour ce soir.

Vous étiez sur le point de partir, mais au lieu d’être frustré, un sourire s’invite sur vos lèvres. Puis, aussitôt, la culpabilité pointe : qu’est-il arrivé à votre esprit fêtard ? Êtes-vous devenu antisocial ?

Bonne nouvelle : ce soulagement n’a, la plupart du temps, rien à voir avec un rejet des autres. Il est peut-être le témoin dune charge mentale un peu trop lourde à porter.

Une fatigue sociale quantifiable

Sur les réseaux sociaux, vous avez peut-être entendu parler de “batterie sociale“, une image dépeignant la quantité d’énergie mentale et émotionnelle dont disposerait une personne pour interagir avec les autres. Expression tendance ou réalité scientifique ? Sur ce sujet de la batterie, une équipe de chercheurs tombe à pile, en suivant au quotidien le comportement et la fatigue de plusieurs dizaines de participants, plusieurs fois par jour, pendant plusieurs semaines. Résultat : un comportement sociable à un instant T est bien associé à une fatigue plus marquée deux à trois heures plus tard. Dès lors, le plaisir ressenti pendant l’interaction et l’épuisement qui suit ne s’excluent pas. Ils coexistent, avec un simple décalage dans le temps.

Pour autant, ce n’est pas une preuve que socialiser “coûte” à tout le monde de la même façon. Ni que chacun possède une batterie universelle qui se vide à vitesse fixe. Ce que l’étude confirme, c’est qu’il existe un schéma récurrent, mesurable, entre le fait d’être entouré et une lassitude différée. Un dîner à douze dans un bar bruyant n’a rien à voir, sur le plan de la charge cognitive, avec une balade en tête-à-tête avec un proche : le format pèse parfois bien plus lourd que la relation elle-même dans la balance de la fatigue.

Anxiété et plaisir entouré, c’est possible !

Autre idée reçue à déconstruire : le soulagement ressenti à l’annulation signerait forcément une anxiété sociale, voire une préférence pour l’isolement. Des chercheurs ont suivi, par sondages répétés sur deux semaines, des adultes diagnostiqués avec un trouble d’anxiété sociale ainsi qu’un groupe de comparaison sans ce trouble. Dans les deux groupes, la présence des autres était associée à davantage d’émotions positives que les moments passés seul, y compris chez les personnes anxieuses.

En clair, même chez celles et ceux pour qui les interactions sociales sont une source d’appréhension, être avec quelqu’un procure, une fois sur place, un mieux-être mesurable. L’anxiété se loge donc surtout en amont, dans l’anticipation du rendez-vous. Ce moment où l’on imagine tout ce qui pourrait mal se passer, plutôt que dans l’expérience elle-même. Le soulagement d’une annulation ne viendrait alors pas d’un désamour des autres, mais d’un raccourci. En effet, on efface d’un coup l’appréhension, sans savoir que l’interaction, si elle avait eu lieu, aurait probablement fait du bien.

 

 

ChMaille

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