Soins et Thérapies

Comportements suicidaires chez les adolescents : l’espoir par l’action

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Le cadre est sombre. Des milliers d’adolescents se suicident. Les chiffres, loin de s’améliorer, s’aggravent. Le comportement suicidaire chez les adolescents est devenu un problème très grave, auquel de plus en plus de fonds sont alloués pour inverser la tendance.

D’un côté, le suicide devient une épidémie. En fait,  nous le considérons comme l’une des principales causes de décès en cette période vitale. Une étape marquée par des changements tant au niveau biologique, social que psychologique (Fonseca-Pedrero et al., 2022).

«La prévention des comportements suicidaires chez les mineurs reste une question en suspens».

-Eduardo Fonseca-Pedrero-

Comportements suicidaires chez les adolescents : une grave épidémie

“Cela peut être évité.” Nous pouvons prendre des mesures pour empêcher ce comportement désespéré. C’est le message central de cet article. Actuellement, nous avons des interventions efficaces. Il convient de mentionner que, outre son efficacité, la recherche indique qu’en plus de l’humain, le bon investissement dans ce sens est également rentable au niveau social.

Bien que nous soyons loin d’une description individualisée du comportement suicidaire et de tous ses déclencheurs potentiels, nous avons beaucoup plus de connaissances qu’il y a quelques années. Ce que nous savons, c’est que les personnes qui se suicident passent généralement par des phases communes. D’abord, elles réfléchissent au problème, elles le communiquent (par des menaces ou des expressions verbales et non verbales), elles le planifient et finalement le mettent en œuvre (Fonseca- Pedrero et al., 2020).

Les comportements suicidaires font partie de la diversité humaine. C’est un phénomène complexe, polyédrique, multidimensionnel et multicausal ».

-Eduardo Fonseca-Pedrero-

Les adolescents ayant ce type de comportement ont besoin d’une intervention rapide et efficace.

L’évaluation : un point de départ important

Une évaluation rigoureuse devrait être le prélude court mais précis d’une intervention efficace. Pour aider les professionnels dans cette mission, il existe différents questionnaires. Le meilleur outil reste néanmoins l’entretien avec le mineur, qui doit être empathique et chaleureux. De manière complémentaire, l’échelle SENTIA peut s’utiliser, qui contient des questions telles que les suivantes (Díez et al., 2021) :

  • Avez-vous prévu de vous suicider ?
  • Avez-vous déjà eu l’idée de vous suicider ?
  • Avez-vous dit à quelqu’un que vous vouliez vous suicider ?

Nous avons voulu être fidèles aux items que soulève l’échelle SENTIA car, en tant que psychologues, nous savons que lorsqu’on parle de suicide, il vaut mieux le faire de manière décisive, claire et sans ambages ; plutôt qu’avec des questions peu claires et déroutantes (par exemple, « Avez-vous déjà pensé à arrêter de fumer ? »). L’échelle SENTIA présente une bonne qualité lors de l’évaluation de ce problème complexe (Díez et al., 2021).

“Cette échelle permet d’évaluer les comportements suicidaires (idéation, planification, intention, communication et comportement) à l’adolescence.”

-Eduardo Fonseca-Pedrero-

Quelles interventions existent pour prévenir les comportements suicidaires chez les adolescents ?

A cet égard, l’Organisation Mondiale de la Santé, sous l’acronyme ” LIVE LIFE ” promeut une série de recommandations pour prévenir le suicide. Plus précisément, il s’agit de stratégies empiriques, c’est-à-dire étayées par des preuves scientifiques (Fonseca-Pedrero et al., 2022) :

  • Limiter. Concrètement, il est proposé de couper l’accès aux éléments pouvant aider à entreprendre cette triste entreprise. Par exemple, limiter l’accès aux médicaments.
  • Interagir. L’objectif est de parler de cette question au niveau social, dans la presse, la télévision et autres médias de masse, pour informer la population de manière responsable.
  • Favoriser. Sensibiliser les adolescents aux stratégies qui leur permettent de mieux s’autoréguler dans les sphères sociales et émotionnelles.
  • Évaluer. Comme nous l’avons mentionné, c’est le point de départ de toute intervention.

Comment empêcher? La réponse à cette question est complexe. En effet,  il existe un nombre considérable d’interventions dont l’objectif est la prévention des comportements suicidaires chez les adolescents (Reifels et al., 2022).

De plus, la prévention peut se réaliser à partir d’une multitude de contextes. De la famille, en passant par l’école ou la communauté, jusqu’à l’individu.

“Les centres éducatifs sont le lieu “naturel” et idéal pour développer et mettre en œuvre des actions de promotion du bien-être émotionnel et de prévention des comportements suicidaires”.

-Eduardo Fonseca-Pedrero-

Comportements suicidaires
En plus de l’accompagnement professionnel, le soutien familial et celui des amis est essentiel à la prévention.

Le modèle AIM-SP : une stratégie efficace pour prévenir les comportements suicidaires chez les adolescents

Ce modèle intègre différentes interventions. Il commence par une évaluation au cours de laquelle le clinicien demande clairement et explicitement à l’adolescent s’il « a des pensées qui gravitent autour du suicide, à la fois dans le présent et dans le passé ». L’objectif des questions est d’identifier les facteurs et les éléments qui peuvent être considérés comme un risque.

Par la suite, une intervention se réalise sur la base du Plan de Sécurité (Stanley et al., 2012). D’autres interventions psychothérapeutiques peuvent également être intégrées, comme la thérapie dialectique-comportementale (Fonseca et al., 2022).

Tout au long du processus et après son achèvement, un suivi s’effectue à diverses fins. D’une part, une attention accrue aux adolescents, par le clinicien, en situation à risque. D’autre part, des tentatives sont faites pour impliquer la famille et les amis dans la prévention.

En plus du modèle AIM-SP, il existe d’autres modalités d’intervention. On peut citer le Youth Aware of Mental Health (Carli et al., 2021). Le but est toujours, inexorablement, de prévenir le suicide chez les adolescents.

Le sujet dont nous traitons dans cet article relève de l’espace public. Face à la souffrance des jeunes, ainsi qu’aux chiffres de la mortalité, le travail de prévention devient essentiel. En ce sens, il est essentiel que les établissements de santé publique adoptent des plans dans le but de réduire les chiffres, jusqu’à ce qu’ils atteignent zéro.

“Le comportement suicidaire chez les adolescents est un problème de santé publique à la fois en raison de sa prévalence et des conséquences personnelles, familiales, éducatives et socio-sanitaires associées.”

-Eduardo Fonseca-Pedrero-

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