Le culte de la victimisation

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Nous avons tous, à un moment donné, assumé le rôle de victime dans une situation douloureuse ou traumatique. En effet, nous nous sommes sentis vulnérables et exposés et nous avons eu besoin qu’on prenne soin de nous et qu’on nous protège. Le culte de la victimisation renforce cela en donnant l’impression à la personne qui se victimise d’être accompagnée.

Lorsque nous avons reçu les soins et la protection des personnes de notre entourage, nous avons découvert qu’il est agréable de sentir l’attention des autres, que nous apprécions la sensation d’être le héros des personnes de notre entourage et qu’ils soient constamment à notre chevet.

Il s’avère que quelques personnes adoptent ce rôle comme une identité. Elles deviennent des victimes chroniques. Cette identité est soutenue par le culte de la victimisation dans lequelle nous vivons. Il est bien vu d’aider celui qui en a besoin, même si cela suppose de s’y perdre. En revanche, ne pas venir en aide suppose une critique négative au sein de la société.

Il convient de souligner que la victimisation chronique n’est pas en soi une pathologie présente dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentauxElle pourrait toutefois jeter les bases psychologiques du développement d’un trouble paranoïaque de la personnalité.

En quoi consiste le rôle victimisant dans le culte de la victimisation ?

Renfort continu

Il est vrai que lorsque nous assumons le rôle de la victime, cela est dû à un sentiment de mal-être. Il existe cependant certaines personnes qui font de ce rôle leur style de vie. À quoi cela est-il dû ? Quel est l’élément déclencheur de la re-création de ce mal-être ?

La réponse est simple : le renfort et l’attention constante. Le renfort qui se produit quand une personne est victime provoque l’entrée dans un « cercle vicieux ».

Le culte de la victimisation : le rôle de la société

La société joue un rôle clé. Selon Giglioli, expert en littérature comparée et auteur de l’oeuvre Critique de la victime, la victimisation est un ajout culturel des lois sociales qui encadrent notre culture. Le culte de la victimisation vient nous dire que se montrer disponible face au rôle de la victime est bien vu socialement. En effet, on valorise le fait d’aider celui qui en a besoin.

Lieu de maîtrise externe

Les personnes victimisantes croient réellement que tout ce qui leur arrive est de la faute des autres ou des circonstances. Elles se disent : « Je n’ai pas de chance« , « C’est toujours à moi qui ça arrive« . C’est ce que l’on appelle le lieu de maîtrise externe. On n’assume pas la responsabilité des actions comme les siennes. Au contraire, on rejette cette responsabilité sur des facteurs extérieurs à soi-même.

Victimisation et négativisme

Les victimistes ont tendance à exagérer ce qu’il leur arrive. Ils accentuent ainsi le sentiment de gravité par rapport à la situation dans laquelle ils se trouvent. Cela les empêche de voir le côté positif. Ils sont complètement focalisés sur le négatif, à un tel point que le positif passe inaperçu. Par conséquent, leurs façons d’affronter les problèmes sont erronées. Ils sont incapables de réfléchir à d’autres alternatives, à de possibles solutions à leurs difficultés et à saisir les rênes de leur vie.

Chantage émotionnel comme manière de communiquer

Les victimistes chroniques cherchent à manipuler les personnes de leur entourage pour parvenir à leurs objectifs. C’est pourquoi ils reconnaissent souvent avec facilité les personnes les plus empathiques. C’est leur principale cible, puisqu’ils utilisent cette empathie pour obtenir ce qu’ils veulent.

Quand cette personne ne fait pas ce qu’elles attendent, les victimistes la considèrent comme un bourreau, et se considèrent eux-mêmes comme victimes. Ils ont des propos tels que « Avec tout ce que j’ai fait pour toi, c’est comme ça que tu me rends la pareille« , « Tu me laisses seul« , « Si tu ne le fais pas, c’est parce que tu ne m’aimes pas« . Cela provoque un sentiment de culpabilité chez la personne qui entend ces phrases. Autrement dit, les victimistes cherchent à obtenir ce qu’ils veulent grâce au chantage émotionnel.

Un couple qui s'enlace

 

Comment agir si je me trouve face à un victimiste ?

  • Ne pas lui donner ce qu’il veut : En effet, cela incite le victimiste à demeurer dans son rôle. Si les personnes de son entourage continuent à faire la même chose, ce comportement demeurera. Continuer à s’occuper de lui et à lui offrir l’attention qu’il recherche augmente et/ou maintient la réponse du victimiste
  • Expliquer au victimiste chronique les raisons pour lesquelles vous changez de comportement pour l’aider à sortir de sa zone de confort. Ainsi, la personne victimiste comprendra les raisons de ce changement et les bénéfices que cela implique pour elle-même. « C’est en ne te donnant pas ce que tu veux que je t’aide réellement« 
  • Maintenir une distance émotionnelle : être entouré de personnes aussi négatives use. Pour se protéger, il est important de fixer des limites. En effet, notre propre bien-être est également important
  • Lui proposer des alternatives à son comportement : « Que peux-tu faire de différent par rapport à ce que tu as fait jusqu’à présent ?« , « Quelle est ta part de responsabilité ?« . « Es-tu prêt à assumer que tu as aussi un rôle actif dans ce qu’il passe et que tout n’est pas le fruit de la malchance ou des autres ?« 
  • Ne pas trop s’impliquer si cette personne ne veut pas changer : n’oubliez pas que « Je ne peux pas me sacrifier pour que l’autre aille mieux« . Il est important de lui offrir notre compréhension et notre affection. Néanmoins, cela ne suppose pas de sacrifier notre propre bien-être
  • Savoir que vous n’êtes pas coupable : la culpabilité est l’une des principales armes du victimiste. C’est pourquoi il est fréquent de se sentir coupable en ne satisfaisant pas les désirs de cette personne. N’oubliez cependant pas qu’elle utilise votre culpabilité pour obtenir ce qu’elle veut
  • Dire « non » : quand vous n’êtes pas disposé à faire quelque chose, dites « non » avec tact, clarté et fermeté. Ne donnez pas trop d’excuses. En effet, le victimiste pourrait les utiliser contre vous
  • L’inciter à solliciter l’aide d’un professionnel : face à une personne victimiste chronique, on recommande un soutien psychologique de la part d’un professionnel qui pourra réellement l’aider

Conclusion

Comme nous venons de le voir, le culte de la victimisation nous fait souvent renoncer à nos désirs et à nos besoins pour aider les autres. Il est important que nous soyons conscients de cela pour nous protéger et promouvoir le changement chez la personne qui assume le rôle de victime.

 

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