Soins et Thérapies

Personne ne vous prévient vraiment de ces 3 choses avant de commencer une thérapie

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Commencer une thérapie, c’est entrer dans un cabinet inconnu, s’asseoir face à quelqu’un que vous n’avez jamais vu et parler de ce que vous avez de plus intime.

Beaucoup de personnes appréhendent cette première séance de thérapie sans vraiment savoir comment elles sont censées se comporter, ni ce que le ou la thérapeute attend. On se demande presque si l’on va “bien faire” la séance. Entre la peur de fondre en larmes, la crainte de ne rien ressentir du tout ou encore l’impression de parler à un parfait inconnu, les premières rencontres peuvent paraître très bizarres.

Des psychologues comme Collin Vernay et Krista Jordan assurent pourtant pour le HuffPost  que ces réactions sont fréquentes et normales. Certaines surprennent même les professionnels… et c’est justement là que ça devient intéressant.

1. Pleurer sans pouvoir s’arrêter… ou ne rien ressentir du tout

Beaucoup de personnes se demandent s’il “faut” pleurer en séance. Pour la psychothérapeute Krista Jordan, installée au Texas, il n’existe tout simplement pas de règle : “Il n’y a pas de ‘normal’,” a déclaré Krista Jordan, psychothérapeute au Texas, dans un entretien. Elle précise que l’attitude d’une personne en première séance de thérapie dépend aussi de son histoire, et du fait qu’elle ait déjà consulté ou non auparavant.

Le psychologue Collin Vernay, qui exerce à Washington, D.C., rappelle que le thérapeute ne se préparer pas à une performance émotionnelle quelconque. Il ne s’attend pas à ce que vous pleuriez ou ne pleuriez pas lors de la première rencontre, et il ne vous forcera pas non plus à ressentir des émotions trop intenses ou écrasantes pour être ressenties dès maintenant. “Parfois, se remémorer les raisons douloureuses ou traumatiques qui ont conduit à commencer une thérapie peut entraîner des sentiments de tristesse, d’inconfort, d’anxiété ou des pleurs”, reconnaît-il. Krista Jordan constate pourtant l’inverse chez d’autres patients : “Il n’y a aucun moyen de savoir si une personne va pleurer ou ne pas pleurer lors des deux premières séances, a expliqué Krista Jordan. Les patients me disent qu’ils se surprennent eux-mêmes”.

2. Se sentir gêné de confier sa vie à un parfait inconnu

“Quand on y pense, la thérapie est une proposition un peu étrange, avoue Collin Vernay. Elle implique que deux inconnus se rencontrent pour discuter de certains des détails les plus intimes, vulnérables et bruts de la vie de quelqu’un.” Se retrouver à raconter son enfance, ses peurs ou sa sexualité à quelqu’un que l’on connaît depuis dix minutes peut donner l’impression d’un décalage total.

Au début, les séances peuvent donc paraître très factuelles. “Les premiers rendez-vous peuvent paraître plus factuels pendant que nous apprenons à nous connaître, a observé Collin Vernay. Il est naturel, lorsque l’on rencontre un thérapeute pour la première fois, de se sentir un peu nerveux ou maladroit, et l’objectif d’un bon thérapeute est en général de mettre les nouveaux venus à l’aise.” Il est normal de ressentir une variété de sentiments lorsque l’on commence une thérapie. “Mon conseil général serait de s’y tenir au moins pendant quelques séances avant de décider si un thérapeute vous convient ou non”, a indiqué Collin Vernay. Krista Jordan recommande, elle, de laisser en général six à huit séances avant de trancher, quitte à changer ensuite si l’on ne se sent vraiment pas en confiance.

3. Réaliser que la thérapie n’est pas magique et demande du travail

Beaucoup arrivent en première séance avec l’espoir secret d’une révélation immédiate, ou au contraire avec l’idée que “parler ne changera rien”. En réalité, les premières rencontres servent souvent à faire le point : raisons de la consultation, histoire personnelle, symptômes, objectifs. On peut ressortir en se sentant soulagé, mais aussi un peu déçu, ou avec l’impression que “ça n’a pas vraiment avancé”. Parmi les réactions fréquentes après une ou deux séances :

  • un soulagement d’avoir enfin parlé à quelqu’un de neutre ;
  • une grande fatigue, comme après un effort intense ;
  • un regain d’anxiété en ayant remué des sujets sensibles ;
  • l’impression de ne pas savoir si la thérapie “fonctionne”.

La thérapie ne produit pas un changement instantané, mais s’appuie sur la régularité des séances et l’engagement de la personne entre chaque rendez-vous. Collin Vernay souligne aussi l’importance de ce temps long : “Dans le meilleur des cas, cette nervosité initiale se dissout avec le temps en une profonde confiance et une attention durable, des sentiments qui font partie intégrante de ce qui rend la thérapie si transformatrice.”

Ce passage d’un cadre étrange, parfois inconfortable, à un espace familier où l’on ose travailler sur soi fait partie du processus normal quand on commence une thérapie.

 

 

ChMaille

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