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‘Mate Retention’ : ces comportements peuvent parfois traduire la peur de voir son partenaire s’éloigner d’après une étude

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Pourquoi certaines personnes deviennent-elles soudain très attentionnées lorsque leur couple traverse une période de doute ?

Pourquoi d’autres multiplient les messages, éprouvent le besoin d’être rassurées ou, au contraire, deviennent plus jalouses ?

Ces réactions ont un nom : le mate retention, que l’on pourrait traduire par “stratégies de maintien du partenaire”. L’idée est simple, lorsqu’une personne craint, consciemment ou non, de voir son partenaire s’éloigner, elle peut adopter différents comportements destinés à préserver la relation.

Une récente étude publiée dans Archives of Sexual Behavior montre que ce mécanisme peut même influencer certains comportements sexuels.

Il existe plusieurs façons de chercher à “retenir” son partenaire

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le mate retention ne désigne pas uniquement des comportements possessifs. Les psychologues distinguent deux grandes familles de stratégies. Les premières, appelées benefit-provisioning, consistent à renforcer les aspects positifs de la relation : complimenter son partenaire, lui offrir un cadeau, lui témoigner davantage d’affection, être plus présent lorsqu’il traverse une période difficile ou encore organiser des moments à deux. Derrière cela, l’idée selon laquelle plus la relation apporte de bien-être, moins l’autre aura envie de partir.

À l’inverse, les stratégies dites cost-inflicting cherchent à rendre une séparation plus coûteuse ou plus difficile. Elles peuvent prendre la forme de jalousie, de contrôle, de critiques répétées, de surveillance ou encore de menaces émotionnelles. Ces comportements traduisent davantage une peur de perdre l’autre qu’un véritable désir de prendre soin de la relation. Une étude publiée dans le Journal of Social and Personal Relationships est même allée plus loin en identifiant trois grands profils. Certaines personnes utilisent très peu ces stratégies et se sentent globalement en sécurité dans leur relation. D’autres privilégient presque exclusivement les comportements positifs, un profil associé à une bonne estime de soi et à une relation satisfaisante. Enfin, un troisième groupe alterne gestes d’affection et comportements de contrôle, notamment lorsqu’il perçoit un risque élevé d’infidélité ou de rupture.

Quand le sentiment d’être “moins désirable” influence nos comportements

La récente étude polonaise apporte un éclairage supplémentaire sur ce phénomène. Les chercheurs ont interrogé 562 femmes engagées dans une relation stable afin de comprendre comment la perception de leur propre “valeur de partenaire” (mate value) pouvait influencer leurs comportements. Cette notion ne correspond pas à une valeur objective. Elle désigne simplement la manière dont une personne évalue son attractivité globale comme partenaire : apparence physique, personnalité, statut, ressources, humour ou encore qualités relationnelles.

Lorsqu’une femme estimait que son partenaire était globalement “plus désirable” qu’elle, elle déclarait ressentir davantage le besoin de le satisfaire sexuellement. Cette motivation était ensuite associée à une fréquence plus élevée d’initiation des rapports sexuels, de sexe oral ou encore de simulation d’orgasme.

Toutefois, les effets observés restent modestes et l’étude ne permet pas d’affirmer qu’un sentiment d’infériorité provoque directement ces comportements. Les chercheurs rappellent que ces réactions ne sont pas forcément conscientes ou manipulatrices, elles peuvent simplement refléter une tentative, parfois automatique, de préserver un lien auquel on tient.

Le meilleur indicateur reste la motivation qui se cache derrière ces gestes

Cette notion de mate retention invite finalement à regarder autrement certains comportements du quotidien. Préparer le plat préféré de son partenaire, lui écrire un mot d’amour ou organiser un week-end à deux n’ont évidemment rien de problématique. Ces attentions nourrissent souvent la relation lorsqu’elles sont spontanées et réciproques. En revanche, si ces gestes sont principalement motivés par la peur d’être quitté, s’ils s’accompagnent d’un besoin permanent de rassurance ou glissent progressivement vers le contrôle, ils peuvent révéler une insécurité plus profonde. Ce n’est alors plus l’envie de faire plaisir qui guide la relation, mais la crainte de ne plus être choisi.

En filigrane, ces recherches rappellent qu’un couple solide ne se construit pas uniquement grâce aux efforts déployés pour retenir l’autre. Il repose surtout sur un sentiment partagé de sécurité, de confiance et sur la conviction que chacun reste dans la relation par choix, et non parce qu’il y est retenu.

 

 

ChMaille

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